Le jùdô aujourd'hui en France |
Le Jùdô aujourd'hui en France c'est aussi :
- le jujitsu traditionnel
- le jujitsu brésilien
- le jujitsu fighting
- le jujitsu contact
- le duo-système
- la self-défense
- le kata d'expression sportive
- le taïso
Pour certains pratiquants, le Judo n’est pas simplement une
activité physique, un sport de combat ou un ensemble de techniques
destinées à projeter, contrôler ou immobiliser un adversaire.
Il devient progressivement une structure centrale de compréhension
du corps, de la relation humaine, de l’apprentissage et même
du développement personnel. Chez ces pratiquants, le judo cesse d’être
une pratique parmi d’autres : il devient un langage, une logique et
une manière d’habiter le monde.
Un judoka ayant une forte centralité identitaire en judo ne perçoit
donc pas cette discipline comme un simple outil d’efficacité
martiale comparable à d’autres systèmes de combat. Le
judo constitue pour lui un système global cohérent. Il possède
sa propre pédagogie, sa propre manière de concevoir le rapport
entre souplesse et structure, opposition et adaptation, engagement et contrôle,
efficacité et développement humain. Il ne se réduit
ni à la compétition, ni à la self-défense, ni
à la performance sportive.
Dans cette perspective, le judo devient :
- une méthode d’apprentissage ;
- une logique d’adaptation ;
- une anthropologie pratique ;
- un cadre d’éducation physique, mentale et relationnelle ;
- un cheminement de long terme.
Le pratiquant profondément enraciné dans cette voie peut alors
avoir le sentiment que le judo contient déjà une profondeur
suffisante pour occuper toute une existence. Non parce qu’il ignorerait
les autres disciplines, mais parce qu’il considère qu’une
seule vie ne suffit déjà pas à explorer pleinement
les dimensions techniques, pédagogiques, philosophiques et humaines
du judo lui-même.
Dès lors, les disciplines construites selon d’autres logiques
lui apparaissent naturellement périphériques. Non nécessairement
mauvaises, inutiles ou illégitimes, mais extérieures à
son centre de gravité personnel. Elles ne résonnent pas émotionnellement
ni conceptuellement de la même manière. Un bon résultat
en jujitsu brésilien, en MMA ou dans une autre discipline peut être
reconnu, respecté et même admiré pour l’investissement
qu’il représente, sans pour autant produire chez lui le même
écho intérieur qu’un événement lié
au judo.
Ce décalage ne relève pas forcément du mépris
mais d’un enracinement. De la même manière qu’un
musicien entièrement habité par la musique classique peut
reconnaître la qualité d’autres formes musicales sans
y retrouver ce qui nourrit profondément sa propre sensibilité,
le judoka fortement engagé dans le judo peut éprouver les
autres disciplines comme appartenant à un autre univers culturel,
technique et humain.
Cette position conduit souvent à privilégier l’approfondissement
plutôt que l’accumulation. Là où certains cherchent
à multiplier les pratiques, le judoka centré sur le judo préfère
généralement creuser toujours plus profondément une
même voie. Chaque détail technique, chaque principe pédagogique,
chaque expérience de transmission ou de confrontation devient alors
une occasion supplémentaire d’explorer cette discipline qu’il
considère non comme un objet fini, mais comme une recherche permanente.
Dans cette logique, le judo n’est pas seulement ce que l’on
pratique sur un tatami. Il devient progressivement une manière de
réfléchir, d’observer, d’enseigner, de transmettre
et parfois même de vivre.