Le pliage de la feuille de papier |
Le pliage de la feuille de papier est une métaphore très
pertinente pour parler du judo et de l’apprentissage en général
:
Une feuille pliée toujours dans le même sens finit par casser ou garder une rigidité marquée.
Une feuille pliée dans tous les sens devient plus souple, plus adaptable et plus résistante aux contraintes.
Appliqué au judo, cela signifie que :
Un pratiquant enfermé dans une seule logique devient rigide tandis qu’un pratiquant exposé à des situations variées développe une adaptabilité réelle.
La rigidité naît de la spécialisation précoce. Si un judoka fait toujours les mêmes techniques, combat toujours le même style, travaille toujours à la même intensité, pense toujours selon le même schéma alors il devient “plié dans un seul sens”. L"effiicacité devient limitée hors contexte connu, avec des difficultés d’adaptation et des dépendance à des automatismes.
Le “pliage multiple” développe le vrai ju. Le pratiquant devient souple parce qu’il est exposé à :différentes morphologies, différents rythmes, victoire et échec, attaque et défense, force et relâchement, technique et improvisation, opposition et coopération. La souplesse ne vient pas d’une absence de structure mais de la multiplication des adaptations. Le judo est un système d’adaptation rationnelle donc l’apprentissage doit éviter la rigidité mentale et corporelle. La feuille pliée représente très bien l’accumulation d’expériences variées, la plasticité du corps et de l’esprit, la capacité à absorber les contraintes sans rompre. Ce principe montre que la vraie souplesse ne vient pas de la faiblesse mais d’une exposition répétée à des contraintes diverses. On ne devient pas adaptable en évitant les tensions, on le devient en apprenant à travers elles. En pédagogie du judo, cette métaphore peut s’opposer à une pédagogie trop figée, à l’hyper-spécialisation sportive ou à l’apprentissage purement mécanique. Elle défend plutôt la variété des situations, la mobilité mentale, l'exploration technique, l'adaptation permanente.
Le souplesse du vivant et la
rigidité de la mort |
Ce qui est vivant est souple. La jeune tige verte plie, absorbe le vent, revient à sa forme, s’adapte sans casser.
Ce qui devient rigide se rapproche de la rupture. La branche sèche :paraît forte, résiste davantage au début mais finit par rompre sous une contrainte trop grande.
Le judoka n’est ni mou ni passif mais suffisamment
souple pour absorber, ajuster, rediriger, survivre aux contraintes. Cette
image apporte de plus que la feuille de papier
La feuille parle surtout d’apprentissage, de plasticité acquise.
La tige verte ajoute la notion de vie, d’évolution et surtout
le danger de la rigidification.
La rigidité peut devenir mentale, technique, émotionnelle, sociale, idéologique.
Par exemple :
“Je fais toujours comme ça”
“je refuse de changer”
“Je dois gagner par force”
“Ma méthode est la seule valable”
C'est une perte d’adaptabilité donc à une mauvaise utilisation de l’énergie. Un pratiquant rigide anticipe mal, absorbe mal les changements, dépense trop d’énergie, casse sous pression inhabituelle.
Un pratiquant souple ajuste sa structure, économise son énergie, transforme la dynamique adverse.
Ainsi l’enfant apprend vite car il est souple mentalement, l’adulte se rigidifie avec les habitudes, l’expert peut devenir prisonnier de sa maîtrise. Progresser réellement, ce n’est pas seulement accumuler, c’est conserver sa capacité d’adaptation malgré l’expérience.
| Tige verte | Tige sèche |
| Adaptabilité | Rigidité |
| Évolution | Fixation |
| Circulation de l’énergie | Blocage |
| Apprentissage | Certitude |
| Résilience | Fragilité cachée |
| Vie | Dégradation |