L'arbitrage :
Les termes pour diriger le combat

Les arbitres (anpaia) "officiels" que vous reconnaîtrez à leurs costumes bleu marine sont tous ceinture noire et ont reçu une formation spécifique.
Attention ! Lors des compétitions amicales ce sont souvent de jeunes jùdôkas du club qui arbitrent (des minimes ou cadets bien souvent). Cette tâche fait partie de leur formation de jùdôka mais n'est pas toujours évidente à assumer (même pour un connaisseur). Alors soyez indulgents. Le jeu de la télécommande est un très bon jeu pour apprendre les termes pour diriger le combat.

Hajime (commencez) : C'est l'annonce qui fait débuter ou reprendre le combat. On notera qu'aucun geste n'accompagne cette annonce.

Certains arbitres en compétitions amicales utilisent à tort un geste ressemblant à celui utilisé pour signifier Hikiwake. La nature (ou le cerveau) à horreur du vide et ce geste compble ce vide.


Matte ("attendez" souvent traduit par "arrêtez", le geste réalisé, bras tendu en avant main ouverte est la dernière trace du terme "jikan" (temps) disparu entre 1973 et 1975)) marque la demande de l'arbitre d'arrêter le temps de combat.

L'arbitre annonce Matte dans les cas suivants :
- une sortie de tatami,
- un travail au sol qui n'évolue pas ou plus,
- pour réajuster le(s) jùdôgi(s),
- si l'arbitre constate une erreur de la table, sauf si une action est en cours,
- si les juges manifestent leur désaccord avec l'arbitre, celui-ci interrompt le combat d'un Matte,
- si les juges estiment qu'un Matte est nécessaire, au sol notamment, l'arbitre doit annoncer Matte,
- au sol, si l'un n'a plus de contact avec le sol,
- au sol, si les combattants ne sont plus en contact,
- au sol, lors d'une immobilisation, sur une sortie de tatami,
- l'un des combattants fait un geste méritant une pénalité. On notera que si, au sol, Uke commet l'un de ces actes, l'arbitre annonce Sonomama ("c'est tel quel, sans modification" souvent traduit par "ne bougez plus") qui suspend le combat (et non Matte qui l'interrompt), sanctionne Uke puis fait reprendre le combat
- suite à une projection debout, le combat ne se poursuit pas au sol mais debout (Uke s'est très vite relevé), si Tori est en position dominante du fait de cette projection, pour ne pas en rajouter l'arbitre annonce Matte. Mais si, Tori n'a pas cette position dominante sur Uke, l'arbitre peut laisser le combat se poursuivre.
- avant l'appel du médecin
- étranglement ou clé de bras (debout ou au sol) sans résultat immédiatement apparent
- discussion entre l'arbitre et les juges
- discussion des arbitre et juges avec la commission d'arbitrage
- pour tout motif quand l'arbitre estime nécessaire l'interruption du combat


Soremade ("c'est jusque-là" souvent traduit par "fin de combat") : C'est l'annonce qui met fin au combat. L'arbitre annonce Soremade si :
- le temps du combat est écoulé
- suite à un Ippon

Osaekomi ("maintient" souvent traduit par "immobilisation") : L'arbitre annonce Osaekomi lorsque l'un des combattants immobilise l'autre au sol. On notera qu'il faut que le partenaire soit immobilisé sur les épaules.

Toketa ("se dénouer, se délier, se défaire" souvent traduit par "fin d'immobilisation") : Toute sortie d'immobisation s'annonce par Toketa. Si Uke contrôle au moins une jambe de Tori en ciseaux avec ses jambes, il y a Toketa.

Hikiwake (égalité) : L'arbitre annonce Hikiwake lorsqu'il y a "égalité" et que la compétition n'exige pas que soit désigné de vainqueur.

Les termes suivants sont beaucoup moins employés :

Sonomama depuis 1962 au Kodokan ("c'est tel quel, sans modification souvent" traduit par "ne bouger plus") et Yoshi (c'est bon, on y va, c'est partie souvent repris par "reprenez") : Sonomama suspend le combat. L'arbitre l'annonce dans deux cas principaux :
- au sol, Uke commet un acte méritant une pénalité. L'arbitre n'annonce pas Matte (attendez) mais Sonomama, sanctionne Uke puis fait reprendre le combat en annonçant Yoshi,
- au sol, l'un des combattants se blesse ou "donne des signes de faiblesse" notamment pour les enfants, l'arbitre annonce Sonomama, appelle le médecin si nécessaire, remet les combattants dans la même position et fait reprendre la combat en annonçant Yoshi.

Les termes suivant sont très rarements employés :

Hantei (jugement) : Il y a Hantai lorsqu'aucun des combattants ne remporte le combat grâce aux avantages qu'il a marqués ou du fait des pénalités que son partenaire a prises, et que la compétition exige qu'un vainqueur soit désigné. On notera que l'arbitre et les juges doivent prendre en compte toutes les actions du combat et donner la victoire à celui ayant marqué le plus de Kinza. L'arbitre et les juges se saisissent chacun de deux drapeaux (blanc et rouge). À l'annonce de Hantai par l'arbitre, ce dernier et les juges désignent le combattant (portant la ceinture blanche ou noire) qui mérite de remporter le combat en levant le drapeau correspondant.

Kachi : ("victoire") C'est l'annonce du vainqueur. Ce geste est précédé d'un kamae (avancer de la jambe gauche puis de la droite) et ce termine par le mouvement inverse.
Fusen Gachi ("victoire par forfait") est annoncé lorsqu'un des combattants ne se présente pas pour le combat. L'arbitre doit d'abord s'assurer d'en avoir reçu l'autorisation du directeur de tournoi ou de toute autre personne ayant compétence pour prendre cette décision.
Un compétiteur qui ne se conforme pas aux exigences au niveau de l'uniforme et de l'hygiène se verra refuser le droit de combattre, et son adversaire sera déclaré vainqueur du combat par Fusen Gachi, conformément à la règle de la majorité.
Kiken Gachi
("victoire par renonciation") est annoncé lorsqu'un des combattants se retire de la compétition pour une raison quelconque au cours du combat.
Sogo Gachi ("victoire par avantage opposés") est annoncé lorsqu'un des combattants obtient un Waza Ari avant ou après que son adversaire ait été pénalisé par 3 shidos  (Keikoku de 1957 à 2013). (existait depuis 1957, normalisé en 1967, n'existe plus depuis 2013 avec la disparition des correspondances pénalité/avantage. Durée d'existence = 56 ans)
Yusei Gachi (existe depuis 1929 au Kodokan, normalisé en 1951) ("victoire par avantage") est annoncé lorsqu'un des combattants a plus de points au tableau que son adversaire après la fin du combat.

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