Les 16 techniques de Jùjutsu
(qui ne sont pas, à proprement parler, des katas)

Cet ensemble de 16 techniques doit être exécuté de façon dynamique. Si les 16 attaques s'effectuent à deux, elles doivent s'enseigner au moins à trois pour avoir une vue extérieur.

Les 16 techniques imposées ont été instauré dans les année 80 par Bernard PARISET (9e dan) pour lancer et développer l'activité jùjutsu auprès de la F.F.J.D.A.
Les techniques répondent à des attaques de base avec néanmoins une dominante jd, privilégiant la riposte par projection.

Un système compétitif a été élaboré à partir de 2 épreuves :
- un imposé : 16 attaques et réponses adaptées
- un libre : ensemble de modules d'attaques et de défenses de plusieurs minutes devant démontrer les différents aspects du jd-jùjutsu.
En 1996, ce système est remplacé par le système compétitif international à base de 20 Attaques réparties sur 4 colonnes de 5 attaques selon les 4 façons possibles de se faire attaquer.

"Les 16" demeure une base de travail des projections utiles en jùjutsu et permet une entrée en matière en terme de self-défense.

Ouverture :

Tori est à la droite de JOSÉKI
Uke dépose ses armes sans cérémonial
Uke et Tori sont à quatre mètres l'un de l'autre
Uke et Tori saluent le JOSÉKI en Ritsurei (debout)
Uke et Tori se saluent en Ritsurei
Uke et Tori font le pas de garde (pied gauche, puis pied droit)
Uke et Tori avancent l'un vers l'autre

Ordre des techniques
Actions d'Uke
Actions de Tori
1
Saisie du revers gauche de Tori avec sa main droite
Shuto de la main gauche au pli du coude, Teisho de la main droite au menton, O-Soto-Gari
2
Saisie des deux revers en poussant
Saisie des revers, Tomoe-Nage
sur la jambe droite
3
Étranglement arrière (type Hadaka-Jime)
avec le bras droit
Higi (Atemi du coude), Ippon-Seoi-Nage
4
Frapper d'un Mawashi geri de la jambe droite Blocage intérieur sous cuisse, Teisho, O-Uchi-Gari
5
Saisir la tête de tori à droite sous le bras gauche Main droite sous le menton renverse la tête de Uke vers l'arrière, Tsukkake gauche à l'estomac, renversement (Te-Guruma)
6
Saisir le bras (ou la manche) par l'arrière et tirer Retournement, Mae-Geri du pied droit au ventre, Ippon Soei Nage
7
Poussée des épaules à deux mains de face (Tori chute), et tentative d'attaque au sol
Tombe en reculant, saisie le revers droit, pied droit dans l'aine gauche, bloque le talon droit avec le bras gauche et le talon gauche avec la jambe gauche. Tire Uke à lui, qui se redresse, et le renverse alors en arrière et vient le contrôler en Kata-Juji-Jime
8
Menace d'attaquer de face Yoko-Geri Jodan droit, O-Soto-Gari gauche
9
Saisir les cheveux de tori de la main droite Mae-Geri au ventre et Clé à deux mains sur le poignet en reculant pour traîner Uke à plat ventre au sol, puis Higi milieu du dos
10
Attaque par l'arrière droit, saisie de l'épaule gauche avec le bras gauche
Higi droit au ventre, O-Goshi, retournement dos-ventre, contrôle en Ude-Gatame
11
Poussée des épaules à deux mains de face (Tori chute), et tentative d'attaque au sol Travail d'action-réaction qui permet à Tori de projeter Uke en Tomoe-Nage avec les deux pieds
12
Naname-Tsuki en avançant pied droit Esquive à gauche, saisie épaule gauche de la main droite en passant derrière Uke, balayage pied gauche (Ko-Soto-Gari)
13
Menacer d'attaquer par l'arrière Ushiro-Geri, renversement vers l'avant (Harai-Goshi), Uke s'assoie pour se relever, Hadaka-Jime avec genou gauche au sol

Uke va prendre le couteau sans cérémonial

14
Menace par couteau de face (main droite), avec pied droit devant Mikazuki-Geri gauche, Uraken-Uchi gauche au visage, Kote-Gaeshi sur main gauche avec Taï-Sabaki, contrôle au sol. Tori désarme Uke, puis lui rend l'arme (non obligatoire).

Uke va poser le couteau et prendre le bâton sans cérémonial

15
Attaque au bâton à une main de haut en bas (main droite) Esquive vers la gauche, Yoko-Geri droit sur genou droit de Uke, O-Soto-Gari droit, contrôle du bras. Tori désarme Uke, puis lui rend l'arme(non obligatoire).

Uke va poser le bâton et prendre le revolver sans cérémonial

16
Menace par revolver de face (main droite) Tai Sabaki gauche, saisie main armée (paume en bas et pouce à gauche), Teisho, et Tsukkake entre les yeux, déplacement latéral, Kote Gaeshi, Tori désarme Uke, puis lui rend l'arme(non obligatoire).

Fermeture :

Uke va reposer le revolver, et ne reprend pas les autres armes
Uke reprend sa place initiale
Uke et Tori "ferment" (droite gauche), puis se saluent en Ritzu-rei
Uke et Tori saluent le JOSÉKI en Ritzu-rei

Les 16 techniques, les 16 bis, les 16 ter, les 16 contrôles, les 16 atémis. Certains se demandent s'il existe une signification autour du chiffre 16 !  Au risque de décevoir les personnes fétichistes, il n'y a  aucune raison particulière. Il s'agit du fruit du hasard, celui-ci possède malgré tout son histoire.
Pour les besoins d'une démonstration à l'occasion des deuxièmes championnats du monde de judo féminins en 1982 à Paris, la FFJDA  ?  à laquelle j'appartenais à cette époque  ?, avait accepté l'idée de proposer une démonstration de ju-jitsu effectuée par une femme et je m'en étais vu confier la responsabilité. J'avais préparé un enchaînement dans lequel j'étais Uke (le méchant), pour le rôle de Tori (la gentille) j'avais choisi Marie-France Léglise, une élève ceinture noire.
Nous avions mis au point deux parties, une première très technique, avec ralenti et vitesse normale pour chaque mouvement et une deuxième très rapide dans laquelle nous enchaînions treize techniques comme « bouquet final » de notre prestation.
Nous étions à l'époque où ça bougeait un peu en matière de ju-jitsu en France, avec notamment la création d'une commission nationale. Même s'il existait déjà la progression par ceinture et d'autres supports techniques tels que les katas, la nécessité de proposer de nouveaux enchaînements se faisait ressentir. À la fois pour étoffer les programmes mais aussi pour signifier le renouveau. C'est ainsi que j'ai proposé les « 13 techniques » qui avaient déjà fait leur preuve. Il manquait des défenses contre armes qui, lors de la démonstration, n'existaient pas dans la partie rapide. C'est ainsi qu'en rajoutant les trois défenses contre armes, les « 16 techniques » ont été finalisées.
Par la suite, j'ai pensé qu'il serait utile de créer de nouveaux enchaînements, mais afin de limiter les problèmes de mémorisation, qu'il serait opportun de travailler à partir d'attaques déjà existantes.  C'est ainsi que sont nées les 16 bis, les 16 ter et les 16 contrôles. Quant aux 16 atémis, le but était   simplement de rester dans une forme de cohérence et de fidélité.
Pour conclure et pour satisfaire, quand même, les fétichistes évoqués plus haut : 1 + 6 = 7 (chiffre magique).

http://ericpariset.com/les-16-techniques-et-compagnie/

Retour