Le bon et l'habile |

Le mot bon revêt trois dimensions :
- shin : le bon (zen)
le contraire du mal (haku)
- ghi : le bon (efficience)
le contraire de la non efficience
- tai : le bon (jù,
adapté, juste) le contraire du laxisme et du perfectionnisme.
Le mot "juste" a sensiblement le même sens.
le laxisme |
le bon |
'Le mieux est le mortel ennemi du bien"
Montesquieu
Il n’est pas ici question de faire le minimum et de ne pas s’améliorer bien au contraire. Ceux qui ont fait de la compétition comprendrons tout de suite de quoi nous parlons ici. Vous maîtrisez votre sport à la perfection, vous rechercher toujours une plus grande maîtrise, et vous vous améliorez et cherchez toujours plus de perfection à l’entraînement, mais lors des compétitions vous devez laisser exprimer cette maîtrise au risque de parasiter tout ce pour quoi vous avez travaillé si dur. Ici le bien c’est déjà l’excellence, chercher à vouloir plus à ce moment là, c’est à coup sûr rater son objectif.
“Le mieux
est le mortel ennemi du bien” Suivre la citation de Montesquieu, permet de gagner du temps et gaspiller moins d’énergie dans toutes les actions de votre vie. A force de chercher la perfection on se décale du but initial. En effet, on peut détruire quelque chose de bien en voulant le rendre meilleur. En cherchant le mieux on devient obsédé par la perfection et on se détourne de l’acceptation du bien. La démarche d’aller vers le mieux est différente de celle d’aller vers le bien. C’est un peu comme le rêve d’Icare à trop vouloir s’approcher de la perfection, on peut s’en brûler les ailes et tout perdre. Ce qui est valable en théorie -mieux vs bien-, n’est pas forcément vérifiable dans la pratique. C’est une erreur de vouloir accéder à la perfection, alors que l’évaluation objective de ce qui a été réalisé répond à 75% de la version souhaité. Avec un effort réduit. Le bien c’est d’abord l’opposé du mal. Par définition, lorsque l’on est opposé au mal, on est déjà bien. On a déjà atteint un niveau remarquable. Bien, c’est un état. Quelque chose d’accompli. Mieux c’est meilleur, pas forcément le meilleur, mais bien plus. C’est ça, le bien en version plus. Mieux c’est plus accompli et plus avantageux. Cela peut aussi indiquer une préférence. Ce qui est optimal est par définition meilleur, donc mieux. Ce qui veut dire que lorsque l’on fait quelque chose de bien avec un effort mesuré, on peut parler d’optimal. Ce qui veut donc dire que le bien est déjà mieux en soi. Accepter ce qui est bien, c’est l’approuver. Le reconnaître comme quelque chose d’accompli, de juste. Accepter c’est s’engager. De valider quelque chose qui correspondrait à ce que l’on a demandé. Accepter c’est aussi difficile car cela équivaut à ne pas céder à la tentation de vouloir faire mieux. Car cette tentation peut être vicieuse, perverse et addictive comme une drogue. On passe 25% du temps total à monter la première version “bien”.Ensuite, cette version est modifiée, malaxée, triturée. Il en découle de multiples versions dans le but d’obtenir une meilleure version, plus performante”. Le temps passé à vouloir améliorer la performance de la première version “bien” en version "mieux"correspond à trois fois celui qu’il a fallu pour créer la version initiale, soit les 75% du temps restant sur les 100% de la production. 3 fois plus de monde pour passer de bien à mieux. Il suffit pour faire quelque chose de bien (25% du temps), et il faut trois personnes de plus (25% x 3 = 75% du temps) pour faire quelque chose de mieux sur les 100% du temps. Il faut donc faire attention à ne pas perdre 75% de son temps à obtenir quelque chose de mieux alors que quelque chose de bien qui ne m’aurait coûté que 25% de mon temps aurait pu amplement être suffisant. |
Voir aussi https://fr.wiktionary.org/wiki/le_mieux_est_l'ennemi_du_bien