Saika-tanden :
le centre d'énergie

Au Japon, on l'apelle "ki". C'est "le souffle", "l'énergie". C'est un principe fondamental formant et animant l'univers et la vie. Il englobe tout l'univers et relie les êtres et les choses entre eux. Dans un organisme vivant, il circule à l'intérieur du corps par des méridiens qui se recoupent tous dans le "centre d'énergie". Il est présent dans toutes les manifestations de la nature. Ce "centre" est le saika-tanden dit "tanden". L'énergie vital (ki) dont nous disposons réside dans notre ventre (hara), au niveau du nombril, là où se situe son centre de gravité. Tout action du corps faisant le bon usage de l'énergie (seiryoku zenyo) part de là pour venir irradier à travers le corps jusqu'au bout des membres et exploser en périphérie parfois sous la forme d'un kiai (union des énergies) avec la puissance d'une lame de fond. Afin d'obtenir cette explosion, il d'abord est nécessaire de cumuler cette énergie puis de la libérer d'un seul coup au sommet de son intensité. Cette énergie peut aussi bien être libérée par la douceur d'une caresse.

En occident, on l'appelle aussi "la force mental" mise en place grace à une mise en condition mentale.
Elle se compose de :
- la concentration (aspect cognitif)
- la gestion des émotions (aspect affectif)
- la production d'adrénaline

 
Orient
Occident
respiration
basse (le ventre)
haute (intercostale)
représentation du centre d'énergie
le ventre
les épaules

Afin de contrôler et de déséquilibrer (maîtriser) l'adversaire, il est donc systématiquement nécessaire de rapprocher sa ceinture de l'adversaire.

La concentration du ki dans le seika tanden est un des éléments fondamentaux : les hanches sont la liaison entre le haut du corps (le mouvement) et le bas du corps (la stabilité). D'un point de vue symbolique, le seika tanden réalise la liaison entre « le ciel et la terre » (tenchi), notion que l'on peut traduire par unification entre l'intention (le ciel, la pensée) et l'énergie (la terre) ; on peut par exemple y voir la métaphore d'un arbre qui puise sa nourriture dans la terre pour tendre vers le ciel.

Le ki reliant les êtres, il relie également les deux adversaires.

La notion de vigilance, le zanshin que l'on retrouve dans tous les arts martiaux japonais s'appuie aussi sur le concept de ki. À travers le ki, on peut "sentir" l'intention de l'adversaire, ce qui permet de riposter plus efficacement, voire d'agir avant que l'adversaire ait pu lui-même agir. On utilise le terme sen pour désigner cette action simultanée (sensen no sen : attaque anticipant l'action adverse ; go no sen : riposte anticipant l'action ; sen no sen : attaque simultanée).