Management

Quel est votre style de management ?

IMAGINEZ que vous viviez ces dix situations... Comment le manager que vous êtes, ou serez un jour, réagirait-il ? Dans le tableau ci-dessous attribuez cinq points à votre réponse la plus spontanée et deux points à celle que vous estimez jouable aussi. Votre profil de manager apparaîtra...

1. - L'un de vos collaborateurs, excellent, mais un peu sournois, murmure dans les couloirs qu'il piquerait bien votre place...
a) Vous lui dites : « J'ai entendu dire que vous vouliez être manager, si c'est vrai, parlons-en. »
b) « Vous avez du potentiel, souhaitez-vous que j'en parle au DRH, afin de vous aider à devenir manager ? »
c) Vous fixez au « félon » des objectifs quasi intenables pour lui apprendre...
d) Vous êtes inquiet, car les conflits vous horripilent.

2. - Votre équipe est la plus performante de l'entreprise en productivité et qualité :
a) Vous félicitez vos collaborateurs et leur demandez ce que vous pourriez faire ensemble pour continuer dans cette voie.
b) Vous apportez quelques bouteilles de champagne de votre cave !
c) Vous diffusez les indicateurs de performance auprès de tous.
d) Vous n'en parlez pas à vos collaborateurs, pour qu'ils ne s'endorment pas sur leurs lauriers.

3. - Critique de votre supérieur hiérarchique : « Vous êtes trop dur avec vos collaborateurs !»
a) « Quels sont les critères qui vous font dire cela ? », répondez-vous.
b) Vous assumez et dites : « Certes, mais les résultats sont là ! »
c) Vous faites mine d'être d'accord pour qu'il vous laisse tranquille, mais vous êtes démotivé.
d) Vous enquêtez pour savoir quels collaborateurs se sont plaints.

4. - C'est toujours le même dans l'équipe qui conteste et discute vos décisions.
a) Vous lui dites qu'il peut demander sa mutation s'il n'est pas satisfait.
b) Vous pensez qu'il exprime des critiques intériorisées chez les autres.
c) Vous lui demandez quelles sont ses suggestions pour améliorer le système de prise de décisions.
d) Vous demandez à le voir en privé pour discuter, plutôt que de contester en public.

5. - Vous avez l'impression que certains de vos collaborateurs résistent aux nouvelles méthodes et estimez...
a) Que cette résistance indique que le changement est en train de se réaliser.
b) Que de vrais professionnels ne devraient pas résister aux changements.
c) Que vous n'avez pas su trouver des explications rationnelles suffisantes pour les convaincre.
d) Qu'ils ont peur des changements et vous cherchez des arguments pour les rassurer.

6. - Depuis six mois la qualité baisse et le taux d'absentéisme ou celui des accidents du travail augmente.
a) Il n'y a plus de conscience professionnelle, jugez-vous.
b) Après avoir demandé beaucoup d'efforts aux collaborateurs, un relâchement est fatal.
c) Ce sont peut-être les signes annonciateurs de griefs inexprimés.
d) Vous organisez un plan d'action pour améliorer la situation en y impliquant vos collaborateurs.

7. - Vous surprenez un collaborateur et sa collègue en train de flirter au bureau... Vous leur dites :
a) « Cette relation ne doit en aucun cas nuire à votre travail. »
b) « Je vois que vous vous appréciez... »
c) « Plus jamais cela sur le lieu de travail ! »
d) Gêné, vous espérez qu'ils ne vous ont pas vu et filez sans rien dire.

8. - En réunion, un collaborateur, délégué syndical, insinue que vous ne cherchez qu'à satisfaire la direction au détriment de l'équipe.
a) Vous ne relevez pas, mais pensez que ces références à la « lutte des classes » sont complètement dépassées.
b) Vous rétorquez qu'il devrait aller vivre en Corée du Nord ou à Cuba pour comparer les deux systèmes.
c) Vous redoutez qu'il ait reçu des consignes de son syndicat et ne dites rien pour ne pas envenimer la situation.
d) Vous répondez que si se préoccuper de la performance économique c'est être un « suppôt du patronat », vous en êtes un.

9. - Rumeur... Il semble que l'un de vos collaborateurs vous accuse de harcèlement moral.
a) En réunion, vous annoncez qu'à partir de maintenant : « Nous commencerons par recenser les problèmes résiduels non traités. »
b) Vous criez au scandale !
c) Vous pensez que c'est de l'affabulation.
d) Vous rencontrez chacun de vos collaborateurs en leur posant cette question : « Quels conseils me donneriez-vous pour améliorer mon management ? »

10. - Un conflit s'envenime entre deux personnes de votre équipe...
a) Vous rappelez que leur opposition ne doit pas dégrader les résultats.
b) Vous menacez de les faire muter pour les séparer.
c) Vous les réunissez et demandez qu'ils vident leur sac immédiatement.
d) Vous adoptez une posture de médiateur.

 
Colonne A
Colonne B
Colonne C
Colonne D
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Résultat : «Tyranodirector », engagé, « coopéraffectif » ou planificateur

Majorité de points dans la colonne A
Vous êtes un « tyranodirector »... Centré sur les résultats, vous ne vous préoccupez guère des états d'âme qui, pour vous, freinent la productivité et l'efficacité. Vous abordez les griefs en termes binaires : « Si vous n'êtes pas avec moi, c'est que vous êtes contre moi ! » Mais vous donnez des directives claires, précises. Et expert dans votre métier, vous montrez l'exemple. Vous pensez aussi que, si on les laisse faire, les collaborateurs ont tendance à tricher... Aussi pouvez-vous mettre au point des systèmes de contrôle sophistiqués permettant de détecter les moindres écarts.

Majorité de points dans la colonne B
Vous êtes un manager très engagé personnellement. Vous passez beaucoup de temps à expliquer le bien-fondé des évolutions permanentes. Obnubilé par la modernité, vous faites parfois un peu trop de beaux discours et oubliez le quotidien. Vous acceptez remarques et suggestions de vos collaborateurs, à condition qu'elles soient en phase avec les orientations et les objectifs de l'entreprise.

Majorité de points dans la colonne C
Vous êtes un manager « coopéraffectif », coopérant affectivement avec son équipe... Vous écoutez avant de décider, conseillez, aidez vos collaborateurs, leur donnez les moyens de trouver des solutions adaptées aux problèmes. Convivial, vous créez une ambiance chaleureuse, voire familiale. Votre porte est toujours ouverte, même si vous vous plaignez d'être trop interrompu. Vous connaissez la vie privée de vos collaborateurs, pouvez sortir régulièrement avec certains et êtes parfois trop lié affectivement.

Majorité de points dans la colonne D
Vous êtes un manager planificateur, organisateur... Vous savez clarifier les missions et les domaines de contribution de vos collaborateurs, pour que chacun comprenne bien le sens de ses actions à long terme. Vous définissez les axes stratégiques et les enjeux, tout en négociant les moyens nécessaires. Après vous être assuré que vos collaborateurs ont compris leur mission et se sentent capables d'aller au bout, vous déléguez. Puis vous avez tendance à compiler des statistiques. Derrière votre ordinateur, vous vous sentez en sécurité...

Jean-Louis Muller
Directeur au sein du groupe Cegos

Sources : www.lefigaro.fr

 

"Le jd a inspiré ma manière de manager" (Thierry Marx, Chef au Mandarin oriental)
Grâce à la pratique du judo, Thierry Marx (Chef au Mandarin oriental à Paris) a appris à cerner rapidement ses collaborateurs et à s'adapter à la personnalité de chacun.


Par Corine Moriou pour LEntreprise.com, publié le 08/06/2012 à 14:55

"Il faut manager dans la vérité et le respect", explique Thierry Marx, Chef au Mandarin oriental, ceinture noire, cinquième dan.
Dahmane pour L'Entreprise

Le kumikata, vous connaissez ? C'est ce que l'on appelle la prise de col au jd. Thierry Marx, le célèbre chef du Mandarin oriental, à la tête d'une équipe de 170 personnes, l'utilise pour manager ses collaborateurs. "Je les dirige du bout des doigts. Le jd m'a appris à cerner en quelques minutes chaque individu et à m'adapter à sa personnalité. Il faut manager dans la vérité et le respect, explique ce ceinture noire, 5e dan. Ce serait une erreur de cultiver le non-dit ou de se mettre en colère. Je mets en application le code moral du jd composé de huit valeurs, dont notamment le contrôle de soi, la sincérité, le courage et l'amitié. Les progrès individuels passent par l'entraide et par l'union de ma propre force avec celle des autres."
Trois fois par semaine, le chef au physique à la Bruce Willis - en plus débonnaire et moins star - va pratiquer le jd, le kendô ou le jùjutsu. Régulièrement, il emmène des salariés à l'Institut national de jd pour qu'ils s'imprègnent de la philosophie de cet art martial. Ces moments passés ensemble en dehors des cuisines du palace soudent incontestablement les membres de l'équipe. Thierry Marx n'est pas peu fier d'annoncer un turnover de 26 % alors qu'il est en moyenne de 70 % dans la restauration.
Prime au loupé
"Manager, c'est faire le ménage de l'escalier. On commence par les marches du haut, c'est-à-dire que le manager donne l'exemple", s'amuse à souligner l'ancien gamin de Ménilmontant, aujourd'hui gratifié de deux étoiles au Michelin. Né dans un milieu modeste, il considère que chaque collaborateur a une chance de progresser. "Un plongeur sénégalais rêvait de devenir bagagiste. Il a pris des cours d'anglais. Si un cuisinier veut partir, je n'hésite pas à lui faire une lettre de recommandation." Avec Thierry Marx, il ne faut pas s'attendre à recevoir des félicitations. L'excellence est la norme dans l'hôtellerie de luxe. "Il n'y a pas de prime à la réussite, mais il y a une prime au loupé. On ouvre une bouteille de champagne pour fêter les mauvaises nouvelles."
Lorsque Thierry Marx s'absente pour faire une retraite au Japon ou dans le Pays basque, il demande un rapport de cinq lignes - pas une de plus - à sa garde rapprochée. "Déléguer sans contrôler, ce serait un abandon de pouvoir", assure le cuisinier jùdôka qui se réveille tous les matins avec le lever du soleil.

Mandarin oriental
Activité : hôtellerie et restauration de luxe
Localisation : Paris 8e
Effectifs : 400 salariés
Chiffre d'affaires : non communiqué