L'une des représentations les plus répendus du jd est celle qui correspond en réalité au jùjutu.

« La raison pour laquelle j’ai adopté le nom de JÛDÔ, au lieu de JÛJUTSU, est que ma méthode n’est pas un art, mais une doctrine.
L’art est cultivé, mais c’est la doctrine qui est l’essence du JÛ. »

Jigoro Kano

JIU-JITSU, subst. masc. inv.
Étymologie et Histoire 1907 (Nouveau Larousse illustré Supplément qui atteste également les formes ju-jitsu et jitsu). Du mot japonais jù jutsu (autres formes ju jitsu, jiujutsu) composé de ju « calme, doux » et jutsu « technique », v. FEW t. 20, p. 97a.
https://www.cnrtl.fr/etymologie/jiu-jitsu

"Le Jd n'a rien à voir avec le Jujutsu. L'un commence là où l'autre se termine - la frontière commune étant le combat, qui est une fin pour l'un, un fondement pour l'autre." (cf p 255, Promenade en Jd., Yves Cadot).

Pour comparer le jd au jùjutsu il est nécessaire de rectifier une idée reçue à savoir que LE jùjutsu n'existe pas.
En réalité, ce nom recouvre deux pratiques martiales différentes :
- LES jjutsus ou yawara qui sont un courant d'arts martiaux composé de différentes écoles très anciennes (ko-ryu) sur lequel se base le jd
- le jui-jitsu ou ju-jitsu qui est né en 1970.

Il y a donc une différence entre :
- le jjutsu (qui devrait s'appeler les jjutsus) qui est une appelation d'un regroupement a posteriri d'anciennes écoles disparatres.
- le jujitsu (ou jui-jitsu ou ju-jitsu) qui est né en 1970 inspiré du Kano-jutsu, le jd des premiers temps du Kôdôkan

Histoire DES Jùjutsus :
Venant de différents arts, c’est au VIIIe ou IXe siècle que les "Bushi" (guerriers gentilhomme), élaborent des techniques qui n'étaient pas des systèmes de combat sans armes, mais plutôt des moyens pour un guerrier non armé ou légèrement armé de combattre un ennemi lourdement armé et blindé sur le champ de bataille. Au combat, il était souvent impossible pour un samouraï d'utiliser son épée longue ou son arme de poing, et serait donc obligé de s'appuyer sur son épée courte, sa dague ou ses mains nues. Lorsqu'elles sont entièrement blindées, l'utilisation efficace de ces armes "mineures" nécessite l'emploi de compétences de lutte. Les techniques de frappe étaient considérées comme moins importantes dans la plupart des systèmes japonais plus anciens en raison de la protection des amures des samouraïs et étaient utilisées comme réglages pour leurs techniques de lutte et leurs projections.

"L'annuaire Officiel du jd International" page 17
Akiyama Shirobei Yoshitoki étudia en Chine trois sortes d'attaques (Atemi) et de vingt-huit sortes de Kwappo. À son retour, il transmit ses connaissances à quelques amis et élèves. Mais le succès ne couronna pas ses efforts. Ses disciplines, lassés de répéter éternellement les mêmes exercices, relativement peu nombreux, le quittaient. Très touché par cette inévitable situation, il se plongea dans un profond recueillement de cent jours. Un matin, au cours d'une promenade méditative, alors que la neige tombait abondamment depuis plusieurs jours, il remarqua de nombreux arbres dont les branches étaient brisées sous le poids de la neige. Au centre de cette triste scène, se trouvait un osier sur lequel les floncons ne pouvaient s'accumuler car les branches pliaient docilement sous la charge, pour se redresser victorieusement par la suite. Ce phénomène fut pour lui une révélation et, s'inspirant de cette précieuse leçon, il conçut 300 mouvements de Jùjutsu qu'il enseigna dans l'école Yoshin Ryu, qui signifie : "L'école du courage de l'osier" (traduit aujourdhui par "Yo" de "Yanagi" qui signifie "Osier" ou "Saule" et "Shin" qui signifie plutôt le cœur que le courage d'où la traduction "Cœur du Saule") Akiyama Shirobei Yoshitoki ne fut reconnu comme pionnier du Jùjutsu que par cette seule école. Cette théorie, comme la précédente admet ce fait qu'Akiyama Shirobei Yoshitoki apprit, lui aussi, ses coups frappés en Chine ; mais il faut reconnaître que l'actuel jd - le principe de l'adaptabilité est originaire du Japon.

Certains pense que ce principe serait dû à un dénommé Chin Gempin naturalisé sujet japonais en 1659, mort en 1671, dévoilà pendant son séjour au Temple de Kokushoji à Azabu (Tokyo), trois secrets de Jùjutsu à trois "Ronin" : Shichiroyeman Fukuno, Yojiyemo Miura et Jirozayemon Isogai. Après une sérieuse étude, chacun fonda sa propre école. Sans aucun doute, ce qui leur avait été révélé consistait en trois coups frappés du Kempo chinois (Ate Waza)

Une autre pittoresque légende dit que Hisamori Takenouchi, natif du village de d'Haga, dans la province de Mimasaka, très croyant en la religion d'Atago, s'était retiré dans la montagne de Sannomiya, en juin 1532. Là, imprégné d'effluves divines, brûlant d'une fois ardente, il s'exerça, frappant un gros arbre d'un sabre de bois long de deux mètres. Nuit et Jour, avec assiduité, il continua son exercice, lorsqu'un soir, terrassé par la fatigue, il s'endormit, la tête sur son sabre. Soudain, dit la légende, un étranger Yamabushi aux cheveux de neige, apparut. Son arrivée était si inattendue que Takenouchi se demanda d'où il pouvait sortir. Le nouveau venu lui montra l'aventage d'un petit sabre sur un grand. Il lui conseilla de réduire son sabre de mointié pour obtenir vitesse et précision : en outre, il lui enseigna cinq manière d'arrêter une personne. L'art d'arrêter une personne, qui fut appelé Kogusoku, existe de nos jours après onze génération de professeurs, dans le jd et dans l'enseignement de l'école Takenouchi Ryu.

Dès l’époque de Kamakura (XIIe au XIV siècle), les "Samurai" reprennent cet art et le codifie sous la forme de diverses écoles et dont leur utilisation pratique par ceux-ci a pris fin vers 1890. Le terme jujutsu (de l'ancienne japonais Nihon ko-ryu jujutsu) n'a été inventé qu'au XVIIe siècle, après quoi il est devenu un terme générique pour une grande variété de disciplines et de techniques tels que "kogusoku koshi no mawari", "kumiuchi", "taijutsu", "yawarajutsu", "wajutsu", "torite" et même "jd" (dès 1724, près de 158 ans avant Jigoro Kano) développés et pratiqués pendant la période Muromachi (1333-1573). Les plus anciens styles connus de Jujutsu sont le Daito-ryu Aiki-jujutsu daté de l'an 780-1200, Shinden Fudo-ryu (ce.1130), Tenshin Shoden Katori Shinto-ryu (c.1447) et le Takenouchi-ryu qui a été fondé en 1532. Autour de l'année 1600, il y avait plus de 2000 styles de jujutsu ko-ryu.

Au début du XVIIe siècle pendant la période Edo, le jujutsu continue d'évoluer en raison des lois strictes imposées par le shogunat Tokugawa pour réduire la guerre, sous l'influence de la philosophie sociale chinoise du néo-confucianisme, répandu dans tout le Japon via des philosophe tels que Fujiwara Seika. Au cours de cette nouvelle idéologie, les armes et les armures sont devenues des objets décoratifs inutilisées, de sorte que le combat au corps à corps a prospéré comme une forme de légitime défense et de nouvelles techniques ont été créées pour s'adapter à la situation changeante des opposants non blindés. Les nombreuses écoles de jujutsu se défiant en duels dans un cadre qui devint si populaire pour les guerriers qu'il fût créé des randoris dans le but de s'exercer à se battre sans intention de tuer. Les différents styles de chaque école ont donc évoluée dans ce sens.

Les jujutsus ont été introduit pour la première fois en Europe en 1898 par Edward William Barton-Wright, qui avait étudié Tenjin Shinyo-ryu et Shinden Fudo-ryu à Yokohama et Kobe . Il s'est également entraîné brièvement au Kodokan de Tokyo.

Histoire DU Jù-jitsu en France :
En 1970, Bernard Pariset crée une méthode de Jujitsu qui s'intègre à la FFJDA et publiée par cette dernière en 1976. (Le Tai Jutsu est né au même moment dans la fédération Français de karaté) En 1982, la commission nationale Jujitsu de la FFJDA à laquelle Éric Pariset (le fils de Bernard Pariset) va participer activement est créée. La fédération européenne de Jujitsu fait son apparition la même année.

Éric Pariset. – Né le 21 juillet 1954 à Paris. – Débute la pratique des arts martiaux par le jd à l'âge de 4 ans.par le Jùdô. Son professeur est tout naturellement son père, Bernard Pariset, jùdôka exceptionnel qui a écrit certaines des plus belles pages du Jùdô européen.– Sélectionné pour les Championnats du monde militaire de jd en 1973.

https://club.sportspourtous.org/busen-lapoutoie-self-defense-ju-jitsu-68/historique-du-ju-jitsu
https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://en.wikipedia.org/wiki/Jujutsu&prev=search
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ju-jitsu_(styles_et_%C3%A9coles)

Étymologiquement :
- J qui est issu du chinois classique se prononce Djiou. Les dictionnaires Couvreur, Ricci et Wieger désignent ce caractère chinois comme provenant du radical 75 Mu : le bois. Cette racine est redoublée et le caractère J (Jou, Jeou, Rou) (2451 du Ricci) signifiait donc, à l’origine, jeune plante, jeune pousse... et, par extension flexible, élastique, tendre, souple, doux. On retrouve ce caractère dans un texte classique, le LIJI (Li Ki), ou Livre des Rites où il est affirmé, au chapitre 72 " Jou Neng Ke Kang " : " Plus fait douceur que violence ". On retrouve également, en Chine, une école philosophique de tendance néo-confucianiste, se nommant Ju Tao (Rudao) (Jd en japonais !), fondée en 1127 : " La Voie de la douceur ". Ce caractère Jou (flexible) illustre bien l’anecdote de la fondation du Yoshin-ryu où le Maître Akiyama Shirobei Yoshitoki eut l’illumination en voyant une branche de saule (Yo) ployer (J) sous la neige et se redresser. Précisons, enfin, que le terme japonais Jd (Voie de la douceur ou de la souplesse) fut utilisée près d’un siècle avant Jigorô Kanô pour qualifier l’école du Jikishin-ryu.
La notion d'adaptation/intelligence :
L’essence du jd repose sur le principe de l'adaptation/intelligence.
L'adaptation/intelligence est l'ensemble des ajustements de conduite réalisé par un individu pour faire évoluer une situation dans son sens.
Elle s’effectue soit par :
- L'assimilation à savoir l'ajustement de la situation grâce à sa capacité d'application des connaissances (ryu no maki) de l'individu. Tori est l'attaquant.
- L'accommodation à savoir l'ajustement d’un individu grâce à sa capacité d’apprentissage (de compréhension) (tora no maki). Tori est le défenseur.
Bien sûr, ces deux approches s’influencent l’une l’autre dans le sens où tout apprentissage amène un accroissement des connaissances et que toute application des connaissances nécessite un apprentissage (une compréhension) de la situation.
Les combats basés sur le jùdô peut donc être assimilé à une activité de résolution de problème. Pour battre son adversaire, le jdka a donc deux possibilités :
- soit il doit faire appel à un savoir technico-tactique (tora no maki) qu’il adapte en fonction des caractéristiques spécifiques de son adversaire (accomodation), c'est l’intelligence discernante.
- soit il impose une stratégie (ryu no maki) à son adversaire (assimilation), c'est l’intelligence expérimentale.

- Jutsu désigne l'art et la technique (jjutsu et non jjitsu. jutsu = art, technique et jitsu= vérité, réalité) Le caractère Jutsu représente, l’ancien caractère chinois Shu (4458 du Ricci) - (que l’on retrouve dans Wushu " Art Martial chinois ") - signifiant habileté technique, art secret, procédé. Littéralement, en chinois le Jeou Shu (Roushu), ou le Ju Jutsu, en japonais désigne " l’art secret de la souplesse " ou " la pratique qui consiste à ployer pour mieux se redresser ". Mais, en japonais populaire ce caractère se prononce en réalité Djiou, tandis que Jutsu se prononce Djioutsou...
Il est normal que les premières traductions en langue occidentale, utilisant une transcription littéralement phonétique, aient alors traité du " Djiou-Djioutsou "... ce qui a, par la suite donné " Djiù-Djitsu " puis " Jiù-Jitsu "... Mais, dans ce cas, on devrait alors écrire Djioud, ou Jid... Puisque le terme Jd (... et non J ) est désormais universellement admis mieux vaut donc, logiquement, écrire Jùjutsu en un seul mot et non Jiù Jitsu !
L'utilisation du terme "jitsu" est donc une erreur historique.
Cela n’empêchera pas les puristes de prononcer à la japonaise " Djioudo " et non Jd !

- est un concepte plus large qui désigne un cheminement intérieur consistant à tendre vers une ligne de conduite et un état d'esprit. Pour bien comprendre “”, qui se lit également “michi”, il faut garder à l’esprit trois éléments indissociables. Le premier nous est donné par l’étude de la graphie de ce caractère. Celui-ci est composé de deux parties. L’une, la partie supérieure, est un caractère en elle-même qui se lit “shu” ou “kubi”. Aujourd’hui, cela signifie “le cou” mais, autrefois, il avait pour sens “la tête” ou “le chef”, “celui qui dirige”. La seconde, constituée du reste du caractère est ce que l’on appelle une “clé” et celle-ci a le sens de cheminement de déplacement. Ainsi, il s’agit de se déplacer dans la direction vers laquelle on est tourné, dans laquelle on regarde ou vers celle que l’on nous indique, nous explique. Pour le deuxième élément, il faut s’intéresser à l’histoire de l’utilisation de ce caractère au Japon. À l’époque des codes (VIIe~XIIe siècle), “” ou “michi” désigne d’abord des axes de circulations vers des provinces lointaines. Il ne s’agit pas du chemin concret qui relie un point à un autre mais le fait de pouvoir s’avancer vers et à l’intérieur d’une aire géographique délimitée par cette route et qu’on ne découvre qu’au fur et à mesure de sa progression. Très vite, par extension, ce terme désigne la zone géographique en elle-même puis, par abstraction, un domaine particulier des activités humaines, une spécialité comme les lettres ou le calcul. L’évolution sémantique se poursuivant, “” et “michi” en viennent à désigner la méthode qui permet d’accéder à cette compétence particulière mais aussi le principe qui sous-tend cellle-ci. Le troisième élément nous fait remonter aux origines de la pensée chinoise et notamment à Lao-Tseu qui dicte le Tao-tö-king, texte de référence du Taoïsme, vers le IVe siècle av. J.C. Or, Tao n’est autre que “ / michi”. Lui le définit comme l’absolu sans nom vers lequel on se doit de tendre. Cette définition est reprise par le néo-confucianiste Zhû Xi (1130~1200), Shushi en japonais (cf. no ri), qui précise que “ n’est autre que le principe ultime”. Ainsi, la notion exprimée par ce caractère serait le but indéfinissable, l’idéal à atteindre, le Principe Universel contenu en chaque chose et vers lequel tendent tous les principes particuliers. Mais c’est le moine japonais Dôgen (1200~1253), dont le nom signifie “Origine de la Voie” ou “Qui se base sur la Voie”, qui offre pour la première fois une synthèse de ces trois éléments : le but et la pratique ne sont qu’un. “ / michi” est donc une notion dynamique de progression à l’intérieur d’un domaine particulier indéfinissable que l’on ne découvre que par l’expérience et la persévérance. Or, le particulier contient dans son intégralité et son indivisibilité l’universel. Devenir un spécialiste et poursuivre toujours sa route mène donc vers l’universalité et la pratique permet à l’homme, de par l’expression de ce qu’il a de plus profond en lui, de communier avec l’Univers.
Dans bien des cas, il est préférable de traduire le kanjis“” par "principe directeur", que par “voie" ou "chemin”. Une ligne de conduite (normes) et un état d'esprit (dô) (valeurs), où corps et esprit s’éduquent et s’associent pour tendre vers un même but.

" Pourquoi j'appelle ceci jùdô au lieu de jùjutsu ? Parce que ce que j'enseigne n'est pas seulement jutsu (= art ou pratique). Bien sûr, j'enseigne jutsu, mais c'est sur (= voie ou principe) que je voudrais insister spécialement. Le jùdô kôdôkan que j'enseigne a, comparé à l'ancien jùjutsu, des visés plus vastes, et différentes en techniques, de sorte que je pouvais lui donner un nouveau nom. Il existe deux autres raisons pour lesquelles j'évitais d'utiliser le terme jùjutsu :

1- Il y avait des écoles de jùjutsu qui souvent se laissaient aller à pratiquer de violentes et dangereuses techniques, en projection ou en torsion de bras ou de jambes Voyant ces choses, beaucoup de gens en venaient à penser que le jùjutsu était malfaisant de telle sorte qu'il était méprisé et regardé comme une chose pouvant avoir une influence néfaste sur les jeunes hommes...

2- Lorsque je commençais à enseigner, le jùjutsu était tombé en discrédit. Quelques maîtres de jùjutsu gagnaient leur vie en organisant des troupes composées de leurs disciples et faisaient des combats exhibition, pour lesquels l'entrée était payante. D'autres allaient jusqu'à se faire les acteurs de combats entre lutteurs professionnels de sumo et pratiquants de jujutsu. De telles pratiques dégradantes prostituaient un art de combat et me répugnaient."

Jigoro Kano

                               - Le jd est un cheminement intérieur (démarche personnelle) consistant à tendre vers un principe directeur logique et rationnel (ni religion ni magie) but pragmatique, bas sur l'adaptabilit (j) du corps (tai) et de l'esprit (ghi) et de l'entraide et la prosprit mutuelle (jitai kyoei) afin d'obtenir le bon usage de l'nergie (seiryoku zenyo) dans toutes les situations dans le but de tendre vers le bien-être et le développement humain (kojin no kansei). Parvenir à suivre cette ligne de conduite dans la vie de tous les jours nécessitant un dévouement (shin) constant envers soi et les autres. Le Jùdôka tend à s'adapter () aux problèmes qui lui font face plutôt qu'à leur résister (go) pour obtenir le maximum d'efficacité. Le jd en tant que méthode de combat ayant une visée éducative, toutes les techniques portant atteinte à l'intégrité physique ont été supprimées.

                               - Littéralement, en chinois le Jeou Shu (Roushu), ou le Jjutsu, en japonais désigne "l’art secret de la souplesse" ou "la pratique qui consiste à ployer pour mieux se redresser". Le Jjutsu est l'art et la technique qui consiste à vaincre l'adversaire en s'adaptant à lui (J). Le Jjutsu ayant une visée martiale, toutes les techniques portant atteinte à l'inégrité physique (coups frappés et les arthralgies sur tout le corps) n'ont pas été supprimées.

Si on prend ces deux définitions au sens littéral, la différence entre le "jjutsu" et le "jd" ne réside pas dans la technique mais dans la visée. Le Jjutsu à une visée martial alors que le jd a une visée éducative. De fait, si votre démarche est martial, vous êtes jùjutsuka et si votre visée est éducative vous êtes jùdôka.
Enfin, si votre démarche est compétitive il existe trois cas de figure :
- soit votre seul but est d'éteindre l'efficacité technique sans vous préoccupé de l'adversaire et vous êtes dans l'esprit du Jjutsu
- soit votre seul but est de vaincre en respectant les règles au pied de la lettre et vous êtes dans l'esprit du sport
- soit vous vous servez de la compétition en respectant l'esprit des règles pour vous évaluer afin d'en tirer des leçons pour progresser et vous êtes dans l'esprit du jd.

Le Jjutsu n'est que la partie technique du jd.

Le Jjutsu est l’étude technique, alors que le jd est l’étude de la voie. L’étude de la voie est plus importante que l’étude de la technique, par l’étude des aspects moraux du jd « éducation de l’esprit ». Le principe et l’idéal du Jd : « Maximum-efficacité » et « bien-être et avantage Mutuel » est plus important que les méthodes de combats. Cela permet d’améliorer l’homme et contribue ainsi à une humanité meilleure pour la paix dans le monde.

Schéma actuel et voulu par Jigoro Kano
Ju
(techniques exclues)
jutsu
(techniques choisies pour aborder le judo)
   

Jigoro Kano a tiré les techniques permettant d'aborder le jd d'une partie choisie du Jjutsu. Techniquement parlant, le jd (rouge+jaune) est donc du Jjutsu (en jaune). Philosophiquement parlant, le jd (rouge+jaune) englobe une grande partie du Jjutsu (en jaune).
La partie que Jigoro Kano à choisie d'exclure n'est pas du jd puisqu'elle ne respecte pas suffisamment l'intégrité physique.

D'une manière générale, ces concepts sont basés sur la confrontation avec un environnement que l'on parvient à maîtriser en s'adaptant (J) pour obtenir le maximum d'efficacité (Seiryoku zenyo). On ne peut donc pas apprendre les techniques basées sur le Jd et de Jjutsu seul mais toujours en confrontation avec l'autre.
Le Jd est donc la généralisation du Jjutsu (Seiryoku zenyo) à la vie quotidienne et à la vie en société (jita kyoei). En Jjutsu on se sert du principe de l'adaptation pour élaborer la technique et apprendre à ce battre. En Jd, on se sert de la technique pour illustrer le principe de l'adaptation et l'appliquer à la vie quotidienne et à la vie en société.

En conclusion, le jùdô est en fait la nouvelle appellation du jùjutsu depuis 1882. Cette nouvelle appelation est justifié par l'élargissement du concepte "" à la vie quotidienne.

Jigorô Kanô appela donc son école principe de la souplesse (jd) et enseigna le Kano-jujutsu (technique de la souplesse de Kano) afin d'arriver à ce principe de la souplesse (jd). Le principe (do) devenant de plus en plus important, le principe martial devint secondaire mais préservé dans certains kata et notamment dans le Koshiki no Kata. Après la seconde guerre mondiale, jd se développa petit à petit en sport de combat jusqu'à entrer dans le programme des Jeux Olympiques.
Le mot jujutsu est donc :
- soit un terme générique parmi d'autres désignant des anciennes écoles de combat à mains nues sans frappe décisive et en ce sens le terme générique jujusu est à l'origine du jd
- soit un terme redécouvert dans les années 1970 désignant une discipline définie par Bernard Pariset qui se dissociera du jd par l'intermédiaire de son fils en 1995. Le jujitsu en tant que discipline continuera de se développé au sein du jd tout en se revendicant être un composant martial du jd se référence aux Kano-jujutsu des débuts du jd.

Le jd a donc pour ancêtre les anciennes écoles (ko-ryu) disparâtres de génériquement appelé entre autre jujutsu mais pas de ce que l'on appelle en France le jujitsu (jujutsu moderne) né au début des années 1970 qui est une reprise des formes primitives de jd.

Analyse de l'évolution du développement de la FFJDA par rapport aux objectifs Historique du Jd :

L'objectif du jd :

1- Jùdô ishinhô : le plaisir (le ressenti)
2- Jùdô shushin-ho (moralité/empêcher d'avoir des émotions inefficaces/pleinne conscience)
3- Judô shobu-ho (combat/défense personnel)
4- Jùdô taiiku-ho (éducation physique : méthode scandinave)

Historiquement : Jigorô Kanô envisagé le jd d'abord comme éducation physique (taiiku) puis comme combat/défense personnel, ensuite comme moralité/empêcher d'avoir des émotions inefficaces/pleinne conscience et enfin comme une source de plaisir (le ressenti) à la fin des années 1920.

La lgende dit que le principe serait n en 1733 d'une rflexion d'un homme appel Akiyama Shirobei Yoshitoki (fondateur de l'cole Yoshin-ryu : "cole du cœur du saule") observant la neige tomber sur les branches d’un saule et constata que les branches les plus raides cassaient sous le poids de celle-ci alors que les branches les plus souples pliaient sous le poids de la neige et se redressaient. Ainsi il eu la révélation du principe (souple).
1882
1920
1970 et après
2010 et après
     
Taïso
Premières formes de Jd basées sur une selection a posteriri d'anciennes écoles disparatres : le Kanô-jutsu   Redécouverte des premières formes de Jd rebaptisé "Jujitsu" .(idem pour le Tai Jitsu) Redécouverte des premières formes d'échauffement du jd.
Formes de plus en plus plus modernes de Jd
Anciennes écoles :
L’école de Kito : ki - to (l'école de la montée (ki) et de l'automne (to) , élévation (ki) et chute (to)), L’école de Yoshin : Yo - Shin (Cœur de Saule), L’école Takenouchi, L’école Seigo, L'école Sekiguchi, L’école Tenjin-Shinyo prattiquement disparue en France.

Les objectifs du jd à leur apogé à partir de 1927 :
taïso —› jujitsu —› moralité —› plaisir
Aujourd'hui, cette évolution est redécouverte à l'envers :
plaisir —› moralité —› jujitsu —› taïso
Cette revisite inversé des objectifs du jd est une bonne chose pour la compréhension historique du jd. Revenir à ses racines permet à l'arbre de mieux tenir au sol mais tenir au sol n'est une bonne chose que si elle n'amène pas à rester enterré...