Jd et handicap

Cette page est spécialement dédiée à la mémoire de
Ma meilleure amie Cécile Braun née le 24 août 1984 handicapée pendant deux ans et disparue le 04 août 2010 à cause de sa maladie.
Tu resteras toujours dans mon cœur Cilou

Le mot infirmité vient du latin infirmus (« faible, physiquement ou moralement ») de l’ancien français enferm « malade, faible ») ; elle s'oppose à sains.

Le mot « handicap » emprunté en 1827, vient de l'expression anglaise hand in cap, signifiant « main dans le chapeau ». Dans le cadre d'un troc de biens entre deux personnes, il fallait rétablir une égalité de valeur entre ce qui était donné et ce qui était reçu : ainsi celui qui recevait un objet d'une valeur supérieure devait mettre dans un chapeau une somme d'argent pour rétablir l'équité.

L'expression s'est progressivement transformée en mot puis appliquée au domaine sportif (courses de chevaux notamment) au XVIIIe siècle. En hippisme, un handicap correspondait à la volonté de donner autant de chances à tous les concurrents en imposant des désavantages supplémentaires aux meilleurs. Le handicap désigne également, par extension, ces désavantages eux-même.

Handicap, handicapé sont apparus pour parler non pas de la déficience elle-même (infirmité) mais du désavantage qu'elle impose aux adaptés.
Le handicap n'est pas une infirmité mais une inégalité. Le terme handicap désigne la limitation des possibilités d'interaction d'un individu avec son environnement, menant à un stress et à des difficultés morales, intellectuelles, sociales et/ou physiques.

On peux distinguer quatre types de handicap :
- le handicap sensoriel (mal entendant et mal voyant essentiellement) (shin)
- le handicap mental (autisme, trisomie, retard mental, hyperactivité, essentiellement) (ghi)
- le handicap psychomoteur (problème de liaison entre le cerveau et le corps) (ghi)
- le handicap biomécanique (abscence ou disfonctionnement du bas du corps ou d'une main essentiellement) (tai)

Le jd, sport de combat, génère des bienfaits éducatifs pour les personnes handicapées. Si cette activité existe depuis de nombreuses années, elle est structurée à la Fédération Française Handisport pour les déficients visuels depuis 1983. Cette discipline se pratique au sein des clubs de la Fédération Française de Jd (F.F.J.D.A.) affiliés à la F.F.H. Après une période d¹adaptation, les enseignants constatent très vite les possibilités de progression des handicapés visuels et particulièrement leur manière de percevoir les techniques.

Public concerné
Pratiquent le jd :
– Les non voyants et mal voyants.
– Les personnes avec un handicap fonctionnel permettant un jd adapté.

Organisation de l’activité
Pour ces pratiquants, un challenge national technique est organisé chaque année. Pour les déficients visuels, en compétition, un Championnat de France est organisé sur le plan national.

Sur le plan international, sont organisés :
Coupe du Monde par équipe, Championnat d¹Europe, Championnat du Monde
Jeux Paralympiques

Règlementation
Les règles de la F.F.J.D.A. sont les règles en vigueur, à l’exception de quelques adaptations liées au handicap visuel.

Catégories :
Les jùdôkas sont répartis en fonction de leur handicap visuel (non voyants ou mal voyants)et de leur catégorie de poids de corps (7 catégories) :
– Messieurs : de 60kg à plus de 100kg.
– Femmes : de 48kg à plus de 78kg.

Adaptations du règlement :
Les jùdôkas sont accompagnés sur la surface de combat par les juges qui les placent à 1 mètre l¹un de l¹autre.
Ils prennent leur garde pour se situer, baissent les bras le long du corps et à l'annonce du "hajime" se saisissent et commencent le combat.
Les avantages marqués sont annoncés par l’arbitre.
Les sorties de tapis ne sont pas sanctionnées
Une sonnerie retentit 1’30 avant la fin du combat.

Conditions de pratique :
Le dôjo doit être bien délimité.
Les murs doivent être protégés (pas d'angles vifs).
Les surfaces de sol (si possible) sont de textures différentes pour aider le pratiquant à se repérer.
L'environnement doit être le plus calme possible, le bruit empêchant de se repérer dans l'espace.


Directeur Sportif : Marc Fleuret
Adresse : 27, rue Marceau 36 000 Châteauroux
Tél. / Fax : 02 54 07 52 13 / 02 54 34 54 64
Site : www.judohandisport.com
Courriel : judo@handisport.org

Classification des Handicapés visuels participant à des rencontres spécifiques de la Fédération Française Handisport.

Il existe trois catégories de handicapés visuels : B1, B2, et B3. Les trois groupes combattent ensemble pour le moment.

Un certificat médical (Article L3622 du code de santé publique) d’un ophtalmologue attestera le handicap visuel ainsi que les contre-indications éventuelles.

Il faut savoir qu’un B2 par rapport à un B1 (aveugle) perçoit seulement la lumière et que le B3 perçoit ce qu’un voyant peut discerner derrière un verre cathédrale épais ou ne possède qu’une vision tubulaire qui perturbe considérablement l’orientation spatiale.

La pratique du jd dans les clubs F.F.J.D.A. (Fédération Française de Jd, Jùjutsu, Kendô et Disciplines Associées.

De nombreux clubs reçoivent des malvoyants dans leurs cours. Après une période d’adaptation, les enseignants s’aperçoivent très vite de la richesse que représentent ces jùdôkas pour leur enseignement auprès des jùdôkas valides. La confrontation de non-voyant avec un jùdôka les yeux bandés remet en cause bien des à priori. Le handicap, est souvent inversé, les possibilités de progression sont étonnantes. La perception des techniques est différente chez les aveugles (exploration tactile des différentes contractions musculaires qui concourent à telle ou telle technique).

Les exigences pour les passages de grade sont les mêmes que pour les jùdôkas valides. Ceci veut dire que la ceinture noire d’un aveugle vaut celle d’un voyant.

Un protocole d’accord lie la Fédération Française Handisport à la Fédération Française de Jd, Jùjutsu, Kendô et Disciplines Associées.

Les compétitions spécifiques pour handicapés visuels.

La règlementation :

Ce sont les règles de la Fédération Internationale de jd qui sont appliquées. Certaines adaptations y sont faites qui prennent en compte le handicap visuel sans modifier le fond.

Au début et à chaque arrêt de combat, les deux jùdôkas se tiennent le kimono pour se situer, puis se lâchent et attendent le signal de l’arbitre pour commencer le combat. Il est interdit de reculer avant de prendre la garde, ce qui est considéré comme refus de combat.

L’arbitre annonce les valeurs de chaque avantage ou sanction afin que les combattants soient clairement informés.

QUEL JÙDÔ ?

L’attitude générale des combattants est beaucoup plus basses sur les appuis (flexion des genoux assez prononcée). Ils recherchent une descente du centre de gravité qui traduit une position de jambes plus écartées et un bassin en retrait.

Le jd pratiqué peut se caractériser dans sa forme comme un jd très tonique où la garde joue un rôle primordial. Les jùdôkas assurent leur prise informationnelle avec la saisie du kimono, leurs bras servant d’antennes.

Le contact proche est à la fois recherché (son corps se solidarise avec le corps de son adversaire, ce qui lui donne une stabilité accrue et permet l’action en contre), et craint, car cela le rend vulnérable.

Les aspects tactico-techniques sont assez différents de ceux utilisés par les voyants. En effet, certains aspects tactiques utilisés par les voyants (sorties de tapis, rupture de garde) ne le sont pas chez les aveugles ; ce qui donne un combat plus orienté vers l’offensive.

D’autres aspects pourraient être développés. Citons pour mémoire :

- les aspects psychologiques particuliers,

- le rôle de l’entraîneur avant, pendant et après le combat.

- le rôle de l’arbitre qui, s’il applique les mêmes règles, doit le faire avec une connaissance profonde du handicap visuel,

- la nature du handicap visuel qui influe sur les possibilités d’apprentissage et la forme du jd pratiqué (handicap de naissance, à la suite d’une lente évolution, à la suite d’un accident...).

marc.fleuret@wanadoo.fr

Le jd est un des rares sports que les aveugles peuvent pratiquer complètement sans adaptation majeure.

Le jd est un art martial qui vient d'anciennes techniques de combat et c'est peut-être la raison pour laquelle les aveugles y ont un certain succès grâce à leur extrême perception des rapports avec les autres.

Que ce soit en compétition ou dans la pratique des katas, leur grande concentration leur permet de rivaliser avec succès avec les jùdôkas voyants.

Le développement du jd pour les déficients visuels a pris un essor considérable après que la Fédération du sport pour aveugle ait intégré le jd comme discipline officielle aux jeux paralympiques de Séoul en 1986.

La France a très vite brillé dans ses résultats internationaux, avec en point d'orgue son titre de championne du monde par équipe à Madrid en 1998, en battant en finale l'équipe Japonaise. Aux jeux de Sydney, les sept garçons sélectionnés ont remporté une médaille d'argent, deux de bronze et deux places de cinquième. Les féminines intègreront les jeux à partir d'Athènes en 2004.

Le jd pour handicapés visuels est organisé au sein de la fédération française Handisport en très étroite collaboration avec la F.F.J.D.A.. Avec laquelle elle est liée par un protocole d'accord.

Pour enseigner à des déficients visuels, il y a quelques principes à appliquer que l'on peut résumer avec les points suivants :

1/ En complément des démonstrations il faut bien sur donner des explications verbales très claires. Eviter de dire"faites comme ceci", "mettez votre pied là", "déplacer vous dans cette direction". Indications qui ont une référence visuelle mais qui ne représentent rien pour ceux qui ne voient pas!

Il faudra préciser quelle partie du corps entre en action, la direction droite ou gauche, intérieure ou extérieure, décrire la technique ou l'exercice à la vitesse réelle où ils sont exécutés afin de donner la notion de rythme d'exécution.

Il ne faudra cependant pas tomber dans l'excès verbal pour d'une part, ne pas lasser les jùdôkas voyants, et d'autre part ralentir le déroulement du cours lui-même.

Cet exercice d'explications orales est d'ailleurs plein d'enseignement pour le professeur qui ira petit à petit à l'essentiel. Les points importants de la technique lui apparaîtront d'autant mieux.

2/ Il ne faut pas sous prétexte qu'il y a un aveugle dans le cours se focaliser sur lui. Un bon moyen d'accélérer l'explication c'est de l'inviter comme partenaire pour la démonstration. Le non-voyant complétera de lui-même sa compréhension en touchant les parties du corps non en contact avec lui (position des jambes, état de contraction des muscles mis en tension, jeu des différents leviers.

Il faudra faire en sorte de ne pas le mettre en point de mire des autres élèves afin de respecter son anonymat.

3/ Évaluer le jùdôka déficient visuel comme une individualité au même titre que les autres. Se renseigner sur ces capacités visuelles restantes. Il existe de nombreux types de lésions oculaires: acuité visuelle diminuée, champ visuel rétréci, sensibilité aux différentes intensités lumineuses, déformations de l'image perçue, etc.… Chaque cas donne des possibilités d'adaptations variées.

La règlementation internationale pour pouvoir participer aux rencontres handisports est comprise entre la cécité complète jusqu’à la vision inférieure à 1/10 au meilleur œil avec correction et, ou, moins de 5° de champ visuel.

Quelle que soit sa déficience visuelle, il ne faut pas considérer le jùdôka comme « handicapé » mais chercher à développer ses potentialités qui sont nombreuses.

4/ Pour ceux qui le nécessitent, commencez par l’orientation dans le dôjo et sur le tatami. Un rapide tour des lieux donnera des repères pour le jùdôka, et très rapidement il n’aura plus besoin de personne pour circuler dans le dôjo. Les aveugles ont la faculté d’écholocation qui leur permet, grâce au bruit ambiant de ne pas se heurter violemment contre un obstacle. Cela suppose bien sur que le dôjo soit calme et que le cours se déroule sans bruits inutiles.

5/ Pendant le cours, donner des consignes suffisamment audibles pour aider le jùdôka à se localiser dans la salle. Ceci permet d’assurer la sécurité. Eviter de le saisir brutalement par le jùdôgi pour le tirer ou le pousser comme un objet, mais plutôt lui proposer votre aide en respectant sa dignité. La mise en place des couples de travail gagnera en sécurité si un aveugle est sur le tatami, car l’enseignant y sera encore plus vigilant !

6/ Considérer le jùdôka déficient visuel comme les autres jùdôkas. Ni surprotection, ni trop d’exigences. Attendez de lui une participation entière et un maximum d’efforts.

7/ L’idéal est l’intégration dans le cours traditionnel, mais si vous avez un groupe important de mal-voyants il est bon de les faire travailler ensemble pour l’initiation, et très vite de leur proposer de s’intégrer dans les cours avec les autres s’ils le désirent.

Pour les compétitions, et si leur niveau le permet, ils pourront soit combattre avec les clairs-voyants en se plaçant à distance de saisie avant le hadjimé soit participer aux compétitions handisports, du championnat de France jusqu’au niveau international. La règlementation étant celle de la FIJ hormis les sorties de tapis qui ne sont pas sanctionnées. IL faudra les informer sur la règlementation de l’IBSA (fédération internationale du sport pour aveugles).

8/ Être à l’écoute des étudiants, leur demander de quel type d’assistance ils ont besoin. Ils ne voient pas, mais ils « entendent », souvent mieux que nous !

8bis/ Éviter les a priori : certain aveugle excellent dans le newaza car le corps à corps donne de meilleures informations sur la position de l’adversaire, mais certains aveugles sont très performants dans les balayages, d’autres dans les ukémis ou les katas. Aucun aspect du jd ne leur échappe à cause du handicap visuel. Tout est question de travail… Comme nous !

9/ Les jùdôkas handicapés visuels ne veulent pas être regardés avec pitié ou charité. Ils désirent pratiquer comme nous et être appréciés dans la mesure de leur mérite et non par le fait qu’ils sont différents des autres pour un sens qu’ils ne possèdent pas. Ils font partie de la grande famille du jd.

10/ Avoir un jùdôka aveugle dans son cours enrichi l’enseignant, lui ouvre des pistes pédagogiques qu’il n’aurait jamais exploitées sans cela. Pour les autres élèves c’est une source d’ouverture d’esprit de connaissances nouvelles, et permet de façon concrète l’application du principe prôné par le maître Jigoro Kano : « entraide et prospérité mutuelle »

Jean-Claude PRIEUR

APPORTS DU JÙDÔ CHEZ LES HANDICAPÉS VISUELS

La pratique du sport en loisir ou en compétition est très recommandée chez les personnes valides, il en est de même chez les personnes atteintes d’un handicap physique sensoriel ou mental.

Au-delà des bienfaits évidents de toute activité physique et sportive, celle-ci représente pour eux un moyen privilégié d’échapper à une vie sédentaire et isolée comme c’est souvent le cas chez les personnes atteintes d’un handicap.

Pour les aveugles et mal-voyants, le jd est un instrument qui va leur permettre de développer leurs capacités physiques et d’avoir une meilleure adaptation dans leur vie de tous les jours.

Le jd contribue à développer ces objectifs dans trois secteurs principaux : moteur, psychologique et social.

LE SECTEUR DE LA MOTRICITÉ

La cécité provoque des problèmes moteurs tels que la difficulté d’acquérir le réflexe d’attitude qui par l’utilisation du contrôle visuel met le corps dans une position verticale. La maîtrise de son schéma corporel (prise de conscience de son corps comme d’un tout, image du corps en trois dimensions), de son équilibre (essayez de tenir en équilibre sur un pied les yeux fermés !) de sa coordination et de son orientation dans l’espace, sont indispensables pour être bien dans son corps.

Le jd est une discipline qui fait énormément appel à toutes ces notions, et sa pratique régulière remplacera avantageusement une rééducation souvent peu motivante :

Les ukemis :

Il est essentiel pour un aveugle de savoir tomber dans toutes les directions sans dommage. Son handicap le confronte journellement à des obstacles qui le font trébucher. Il saura amortir les chutes et surtout acquerra de l’aisance dans ses déplacements car il craindra moins les chutes.

L’équilibre :

Notion fondamentale en jd c’est un élément indispensable pour le non-voyant. La maîtrise de son équilibre lui donnera une bonne intégration de l’espace qui l’environne.

Le sens de l’esquive et de l’anticipation :

Le travail du Tai-Sabaki au sens large permet au non voyant d’absorber les chocs par un déplacement harmonieux du corps qui ainsi ne s’oppose pas directement à la force rencontrée. Cela lui évite beaucoup de désagrément dans sa vie de tous les jours. De même le travail en SEN NO SEN permettra d’éduquer le sens de l’anticipation qui est un point faible lorsque la vue fait défaut.

Le mouvement :

Comme le jeune voyant, l’enfant aveugle va construire son corps à partir d’expériences motrices les plus variées possibles. Le jd, par la richesse des situations mises en place dans un environnement sécurisant (tatamis) lui permettra d’explorer les composantes de l’acte moteur telles que la force, la vitesse, l’agilité, etc.

Cela lui donnera des armes pour combattre la tendance à la sédentarité propre à une personne qui ne maîtrise pas sa fonctionnalité.

Les sensations kinesthésiques :

On peut dire que le fait d’être aveugle ne gène pas à proprement parler la pratique du jd. En réalité le jùdôka voyant ne se sert pas de la vue pour regarder son adversaire pendant le combat. Il adapte son comportement en ajustant ses actions de manière plus sensitive que réfléchie. C’est ce qu’explique le Maître MICHIGAMI lorsqu’il montre son front en disant « ici c’est connu », puis montrant son corps « mais là ça ne l’ait pas ! »

Sur ce plan, le jùdôka aveugle à peut-être un avantage car pour connaître un mouvement c’est avec son corps qu’il est obligé de l’appréhender. Se sera plus long, lui demandera plus de travail, mais une fois acquis ce sera imprimé. Faites l’expérience de vous bander les yeux pour l’étude d’une technique…

LE SECTEUR PSYCHOLOGIQUE

L’autonomie :

Le jd enseigne aux aveugles la prise d’initiative sans risques excessifs. Le travail en liaison de préhension avec le partenaire autorise l’expérimentation motrice. Le couple partenaire-adversaire module les possibilités d’action dans le sens d’une expérimentation pas essais et erreurs riche en découvertes, qui deviennent source de progrès pour l’initiative. Le sens de l’attaque, la prise de risque, la stratégie du combat, tous ces éléments vont dans le même sens.

La motivation :

Le jd est attrayant car il permet aux déficients visuels de se confronter aux voyants avec les mêmes chances de succès. Les jùdôkas aveugles peuvent participer à des compétitions officielles de l’I.B.S.A., mais aussi à celles des valides. Ils peuvent y obtenir les mêmes grades qu’eux. Ceci contribue à les confronter dans le sentiment d’égalité avec les autres et efface en partie leur handicap.

LE SECTEUR SOCIAL

Le combat contre l’isolement :

Le handicap quel qu’il soit implique un isolement et une sédentarité. Faire partie d’un club de jd donne l’opportunité de sortir des établissements spécialisés souvent nécessaire à l’éducation des jeunes handicapés Cela permet de rencontrer des gens différents, et de se mesurer avec des chances égales.

Le respect des règles et des autres :

Les aveugles sont souvent méfiants de leur environnement, et évitent les contacts qui sont source d’insécurité. C’est pourquoi la motivation engendrée par la pratique du jd, l’activité physique intense, va faciliter les relations et promouvoir l’intégration dans le monde des voyants.

L’aspect sécuritaire :

Le jùjutsu est une composante du jd qui est également ouverte aux aveugles. Savoir se défendre, comme chez les voyants, donne confiance en soi. L’idée de ne pas être démuni de ressources en cas d’agression, est aussi un facteur d’égalité des chances important. Cela apporte un renforcement de l’estime de soi et augmente l’esprit de décision nécessaire pour faire face à ces types de situations.

Le mental jd et l’esprit sportif : le jd et son code moral élèvent la pratique physique au-delà du simple exercice corporel. L’éthique qui s’y développe va renforcer l’aptitude du jùdôka aveugle à faire face à l’adversité. Or c’est bien là l’essentiel du problème que de dépasser un état dont il faut faire le deuil, et construire sa personnalité avec des éléments positifs.

Le plus souvent c’est le milieu dans lequel évolue la personne qui n’est pas adapté : si une porte est ouverte, l’aveugle qui la traverse n’est pas handicapé. Mais si on lui ferme au nez…Qui est-ce ?

Jean-Claude PRIEUR

Organisation de l'option Jd et Personnes Handicapées
au B.E.E.S. 1er degré Jd

U.V. 1
Être titulaire du B.E.E.S. 1er degré Jd

U.V. 2 "Connaissance du milieu"
Suivre le stage de formation "Connaissance des milieux de l'inadaptation", organisé chaque année conjointement par les Fédérations de sport pour handicapés et la F.F.J.D.A..
L'encadrement est assuré par des responsables des différentes Fédérations de sport pour handicapés et la Commission Nationale jd et Personnes Handicapées de la F.F.J.D.A..
Évaluation des stagiaires par les formateurs de la F.F.J.D.A..

U.V. 3 "Approche pédagogique"
Suivre le stage de formation "La pédagogie du jd et les Handicapés", organisé chaque année conjointement par les Fédérations de sport pour handicapés et la F.F.J.D.A..
L'encadrement est assuré par des professeurs de jd spécialisés ou des intervenants particuliers désignés conjointement par les Fédérations de sport pour handicapés et la F.F.J.D.A..
Évaluation des stagiaires par les différents cadres du stage.

U.V. 4 "Stage en situation"
Effectuer 2 stages en situation.
Ces stages doivent obligatoirement couvrir deux des trois types de handicaps (mental, moteur, sensoriel).
Ils s'effecueront soit dans une ou plusieurs associations sportives pour handicapés, un ou plusieurs clubs de jd, un ou plusieurs établessements pour handicapés (30h minimum d'enseignement par type de handicap).
La participation technique et pédagogique à une rencontre nationale organisée par une Fédération sportive handicapés, permet toutefois de valider un des deux stages. Dans ce cas particulier, le stage en situation d'enseignement devra obligatoirement s'exercer auprès de personnes présentant un handicap différent de celui des participants à la rencontre sportive.
À charge au candidat de trouver ou de se faire aider par le délégué de ligue de la Commission Jd et Personnes Handicapées pour trouver des terrains de stage.

U.V. 5
- Rédaction d'un mémoire portant sur l'expérience du travail du candidat, sur le type de handicap de son choix (35 pages environ).
ou
- Réalisation d'un document vidéo accompagné d'un commentaire écrit.

Pour de plus amples informations s'adresser, par écrit, à la Commission Jd et Personnes Handicapées de la F.F.J.D.A..
Les renseignements suivants doivent figurer dans le document écrit : nom, prénom, adresse, lieu, année, sujet du mémoire.

Obtention et envoi du diplôme
L'envoi du mémoire en 3 exemplaires accompagnés des attestations de réussite aux U.V.1, U.V.2, U.V.3 et U.V.4 seront présentés à la commission de validation à la session d'octobre ou à celle du moi de mai.
Après validation des U.V., le diplôme est signé par les présidents de la F.F.J.D.A., de la F.F.H., de la F.F.S.A. et de la F.S.S.F. et envoyé directement au candidat. Le mémoire sera éventuellement retenu pour figurer au Centre de Documentation et d'Information de la F.F.J.D.A. après accord de l'auteur.

Sources :
http://www.handisport.org/content/competition/judo.php
http://judo.handisport.so.pagesperso-orange.fr/judo_et_handicap_visuel.htm
http://www.judo-alsace.com/site/Le_Judo_Handicap-69.html
http://www.judopourtous.be/

Judo handisport

Le judo handisport est un sport adapté du judo qui est pratiqué par des personnes en situation de handicap physique (visuels, auditifs ...)

Règles

judo handisport à handicap visuel

Le judo handisport suit les règlements de la Fédération internationale de judo, adaptés par la Fédération internationale des sports pour aveugles, fondée à Paris en 1981.

Au judo handisport, le combat commence après que chacun des judokas a empoigné la veste de kimono de son adversaire. Cette prise dure le temps du match et permet à l'athlète de repérer la position et les mouvements de son adversaire.

Le combat se déroule sur un tatami comportant plusieurs zones (zone de compétition, zone de danger et zone de sécurité) identifiées par des couleurs mais aussi par des textures différentes. Les juges crient lorsque l'un des judokas sort du tapis

judo handisport à handicap auditif

Le judo handisport pour personnes à handicap auditif est pratiqué par des judoka malentendants ou complètement non-entendants. Il existe une hiérarchie dans les handicaps afin de ne pas pénaliser les plus impactés par leur handicap. Le handicap est réellement pénalisant. En effet même si le judoka peut voir et se déplacer normalement, celui-ci ne perçoit évidemment pas les sons émanant de son entraîneur et pire encore, ceux de l'arbitre.

Classification des handicaps

Au judo, les athlètes sont plutôt regroupés en catégories de poids et non selon les catégories habituelles que l'on peut retrouver dans certains handisports. Cela signifie qu'un athlète totalement non-voyant peut se mesurer à un athlète mal-voyant pourvu qu'ils soient dans la même catégorie de poids.

Pour les hommes, les catégories de poids sont : moins de 60 kg, moins de 66 kg, moins de 73 kg, moins de 81 kg, moins de 90 kg, moins de 100 kg et plus de 100 kg.
Pour les femmes, les catégories de poids sont : moins de 48 kg, moins de 52 kg, moins de 57 kg, moins de 63 kg, moins de 70 kg, moins de 78 kg et plus de 78kg.

Les personnes en situation de handicap physique peuvent aussi pratiquer le judo handisport en commençant le combat au sol, assis ou à genoux, pieds nus ou en chaussettes. Les techniques utilisées sont : soit des immobilisations, soit des étranglements, soit des clefs de bras.

Compétition

Le judo est devenu un sport paralympique pour les hommes aux Jeux paralympiques de 1988 à Séoul, en Corée. Des épreuves pour les femmes ont été organisées pour la première fois aux Jeux paralympiques d'Athènes en 2004.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Judo_handisport
ResultatsJeuxParalympiques2008.htm

ESPACE D'ATTAQUE ET CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES, TACTIQUES ET SPATIALES CHEZ LES JÙDÔKAS VOYANTS ET NON VOYANTS
Catherine FINET-GUEVEL
PICHANGES 21120

Dans le champ d'étude des stratégies spatiales en jd évaluées plus particulièrement au moment de l'attaque debout, on découvre l'existence sur le tapis de zones offensives préférentielles organisées autour de l'arbitre central mais surtout autour de la bande orange, zone limite de l'aire d'affrontement. On décide alors de s'interroger sur l'existence d'une influence d'une déficience visuelle sur ce processus particulier de structuration de l'espace d'attaque. À partir d'une analyse vidéo, on procède donc à une comparaison statistique des déterminants techniques tactiques et spatiaux du type de judo pratiqué par deux populations nécessairement voyante et non voyante. Et les judokas non voyant génèrent bien des conduites particulières. Principalement ils privilégient le centre du tatami pour attaquer et marquer, et se servent de l'arbitre central comme point de repère. Ils connaissent une faible mobilité offensive compensée par une forte efficacité dans l'attaque. Cependant ces caractéristiques semblent moins dépendantes de la nature du handicap vécu que de la présence d'un code d'arbitrage spécifique et différencié. Avec la modification en projet d'une règle concernant la bande orange, il s'agira prochainement de confronter à nouveau ces deux populations dans des conditions réglementaires identiques.