Le championisme

Un élève va mettre beaucoup de temps à s'imposer en compétition de combat basés sur le jd si :
- il commence tard les combats basés sur le jd
- il est peut doués en combats basés sur le jd

La participation en compétition étant lié, pour certains, au niveau atteint à l'entraînement, il se pose souvent la pertinence de leur présentation dans ce type d'épreuve ainsi que leur capacité à faire face au effets négatifs éventuels liés aux résultats.

En effet, trois préjugés demeurent en matière de compétition :
- la réussite en compétition est la finalité du jd (la recherche de performances)
- en compétition, la réussite est la finalité
- la compétition est nocive aux pratiquants

Ainsi, si la réussite en compétition est une finalité alors la compétition est nocive aux pratiquants.
- en cas d'échecs répétés : il y a une trop grande baisse de l'estime de soi
- en cas de réussites répétés : il y a un trop grand hausse de l'estime de soi
- en cas de changements réguliers de résultats : il y a un effet de trouble de l'humeur
Dans les deux cas, un caractère narcissique risque de se développer.

Beaucoup de parents se demandent si leur enfant devrait faire de la compétition. Si les parents se posent ce genre de question c'est que les parents et/ou l'enfant pense qu'en compétition la réussite est une finalité. En fait, toute la question est de savoir la représentation des parents et de l'enfant de la compétition.

Toute compétition peut-être formatrice ou traumatisante.

La solution est de transmettre une valeur essentielle : "L'important c'est de se donner à fond jusqu'au bout c'est à dire essayer, de ne jamais perdre espoir et en toutes circonstances, de faire de son mieux pour ne pas avoir de regret, avoir foi en ce que l'on fait et rechercher inlassablement à s'améliorer (kaizen)."

Dés le début de l'existence du Kdkan, Jigorô Kanô insista sur la nécessité de pratiquer des compétitions en jd et mit au point personnellement des règles élémentaires pour ses élèves. La compétition était un élément à part entière du jd, mais ne devait jamais être un but en soi, il le rappela très souvent. C'est aussi parce qu'il voulait intégrer la compétition au jd qu'il délaissa un certain nombre de technique ou en modifia d'autres eu égard au dangers qu'elle représentaient appliquées en compétition.

Créer un club ou une école ayant comme objectif la réussite en compétition comme un but en soi est une déviance grave liée à l'incompréhension du message laissé par Jigorô Kanô.

La compétition est avant tout une grande fête, une source de plaisir à la pratique. Elle n'a pour but que de développer le satori (l'éveil), la maîtrise de soi, l'éveil à la situation d'opposition et l'implication dans l'action, de progresser en jd, de concrétiser un long travail effectué sur soi-même tant sur le plan de la volonté (shin), de la technique (ghi) que du physique (tai). Le résultat n'a donc aucune importance en lui même mais pour ce qu'il représente à savoir l'aboutissement de l'entraînement. C'est également une phase test de son physique et sa technique afin d'orienter le travail à l'entraînement et surtout de développer son estime de soi, sa détermination (combativité en combat), sa maîtrise des règles et son respect des autres afin de se préparer aux grands rendez-vous de la vie et d'avoir une vie harmonieuse. La compétition n'est pas une lutte contre un adversaire mais un face à face avec soi-même. Ce qui compte ce n'est pas de gagner mais c'est être totalement maître de soi et de montrer que son esprit est invaincible afin d'obtenir la sérénité et la paix de l'esprit.

- "Le combat n'est qu'un moyen d'étude, l'essentiel est la compréhension de principe, afin que ce principe pénètre notre vie entière."

- "L'échec dans la compétition ne doit pas être une source de découragement ni de désespoir, mais un signe de besoin d'une pratique plus grande et d'efforts plus soutenus à l'entraînement..."

"Le sens du sport n'est pas dans le score ou le record mais dans l'habileté et les moyens déployés pour y parvenir."

Jigorô Kanô

"Sur le chemin de la victoire, c'est le chemin le plus important."

Inconnu

"Un combat où l'on fini par apprendre ou comprendre quelque chose est toujours une victoire"

Inconnu

Gagner ou perdre : pour qu’il y ait victoire le perdant ne doit pas être vaincu mais convaincu. Le combat n’est pas, pour Jigorô Kanô, l’objet principal de son enseignement, mais seulement l’une de ses racines et l’un de ses aspects, pour faciliter l’accès du pratiquant à la compréhension de ces principes (adaptation/intelligence, meilleure utilisation de l’énergie).

Les compétitions basées sur le jd sont au jd ce que sont les concours de tir sont à la police.

Même lors de compétitions amicales dès la catégorie éveil-jùdô, il est courant de voir certains enfants jùdôkas honteux devant le comportement de leur parents pendant une compétition. En effet, ces derniers ne connaissant parfois pas les valeurs morales du jd et on a souvent pu entendre des encouragement tels que "vas-y tue le !" de la part de certains d'entre-eux. Ces propos évidemment plus que déplacés doivent être sanctionnés par les enseignants, les dirigeants et les arbitres.

Le judo, une passion aujourd'hui..un risque pour l'avenir ?

Chaque judoka, quelque soit son niveau, est confronté à s’interroger sur ses perspectives d’avenir.

La seule expérience professionnelle dont un judoka dispose, c’est son investissement et son acharnement sur les tatamis ! Heureusement, c'est un passage très formateur qui permet également de développer des qualités très recherchées dans le monde du travail. À l’opposé de ces sportifs, d’autres poursuivent un rythme scolaire plus “classique” effectuant stages ou formations professionnelles, dans des secteurs d’activités variés parce qu’ils en ont le temps… Un judoka “passionné”, quant à lui, se focalise dès son adolescence sur une seule chose : le judo ! Avec pour objectifs : s’entraîner, progresser et gagner !

On pourrait penser que la « reconversion » touche uniquement l’Élite Sportive, et bien non ! Nombreux sont les judokas qui sont et seront concernés par cette problématique. À partir du moment où le sportif se concentre et s’implique corps et âme dans sa passion, peu importe le niveau, si rien n’est préparé, s’il n’est pas accompagné, alors son avenir professionnel risque d’être mis “en danger”.

Une passion chronophage...

Les passionnés ne nous contrediront pas, une passion, ça prend du temps, beaucoup de temps, des minutes, des heures que l’on ne compte pas, que l’on ne compte plus... Alors, une carrière sportive, encore plus qu’une passion, devient un vrai mode de vie, qui devient irrémédiablement chronophage. Les activités dites “annexes” comme le cursus universitaire, la vie sociale et personnelle, l'avenir professionnel, seront alors mis au second plan par manque de temps.

Un judoka passionné, à chaque étape de sa carrière, ne vivra que pour ça. Il mange judo, respire judo et vit judo.

S’il veut devenir le meilleur, alors il est obligé de faire des sacrifices…. les vacances, quelques heures de cours, les fêtes bien “arrosées” programmées les veilles de grosse compétition... Il doit mobiliser ses ressources nécessaires pour atteindre SON objectif.

En sport-études, le rythme quotidien n'est pas le même qu'en club. Les judokas passent de 2 à 3 trois entraînements par semaine à parfois 10 entraînements intenses hebdomadaires! Le choc est total ! Certains craquent au bout de quelques semaines et d'autres s'accrochent toute l'année mais se noient littéralement ! À l'heure du bilan de fin d'année pour beaucoup c'est une défaite sur le plan sportif mais aussi scolaire. Un nouveau choix s'impose pour ceux qui sont toujours là. Continuer, arrêter ou laisser papa, les entraîneurs choisir.”

Une carrière de compétition en jd est plus ou moins courte, selon les pré-dispositions de chacun (perte de poids, âge, capacités physiques....). Elle peut s’étaler sur dix, peut-être quinze ans. Le temps passe vite, le judoka n’a pas de temps à perdre, il ne pense qu’à ça, il se met volontairement des “œillères” pour ne pas “user de jus” sur des choses qui semblent au moment présent beaucoup moins essentielles que le judo. Oui mais...

“Beaucoup d’appelés, peu d’élus...”

De nombreux judokas, dans une optique de compétition, ont intégré à un moment donné de leur vie une section Haut Niveau, passant par un Pôle France, un pôle Espoir, un CREJ, un Centre National ou bien encore l’INSEP. Ces différentes structures ont un but commun : amener au plus haut niveau de performance les jeunes judokas désireux d’atteindre un jour le podium olympique, ou bien... en faire de parfaits "partenaires d’entraînement".

Tous rêvent de médailles nationales, européennes, mondiales et olympiques. Mais dans ce vivier de judokas, combien y parviendront ? À cet âge et à cette période de la vie, l’avenir professionnel n’est pas la priorité… Et pourtant ? Il va découler involontairement directement de leur carrière sportive !

À 20 ans, quand on rêves de faire les jeux, tu as tendance à "zapper" tes études mais il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus... Le filtre du haut niveau, et là je parle de projet olympique, laisse sur le carreau un paquet de sportifs qui s’entrainent tous les jours et qui au final se retrouvent sans rien”.

On est forcé de constater que dans la plupart des cas, la passion du sport prend le dessus... et c’est compréhensible. Nous avons tous été confrontés au cours de notre carrière à cette interrogation : Dois-je arrêter mes études pour être plus performant en judo ?

Omnibulé par sa carrière, vivre au jour le jour, pari risqué pour l'avenir...

Comme nous le savons tous, le judo implique un entraînement rigoureux et intensif, et demande énormément de sacrifices pour se hisser parmi les meilleurs. C’est un parcours de longue haleine.

“ Les jeunes sont généralement super fiers d'être à l’INSEP où tous ces champions sont passés avant eux. Beaucoup une nouvelle fois pensent toucher leur rêve et y être arrivé. Grosse erreur jeune fou ! Tout commence maintenant. Les loups parmi les loups, et le but du jeu c'est d'être le chef de la meute. C'est toujours et encore la tronche, le mental et la chance qui portera l'athlète au bout de ses rêves ou au bout de lui-même. L'entraînement quotidien n'a jamais été aussi intense, les heures d'Entraînement avoisinent les 30 heures par semaine quelquefois. Les stages à l'étranger sont fréquents mais vous ne découvrez rien ou presque de vos périples. La fatigue (konchin) est quotidienne, les muscles brûlent en permanence, les blessures sont quasi constantes mais ils apprennent à vivre avec celles-ci. Enfin ceux qui arrivent à faire cela auront peut-être la chance d'atteindre leur rêve de victoire.” “Les postulants sont nombreux, les fiers retenus le sont beaucoup moins !”.

Le soutien de la famille, des proches, des professeurs de judo est indispensable. Quand on surfe sur la “vague haute”, qui se préoccupe réellement de notre avenir professionnel ?

Quand tout se déroule comme on l’avait prévu, on occulte le fait que demain, tout pourrait s’arrêter. Une blessure importante, une perte de motivation, la dureté de l’'entraînement, l’envie d’excellence, ajoutent une pression importante qui est difficile à gérer pour un être humain.

On en demande toujours plus aux athlètes, et les athlètes sont demandeurs également, car ils sont là pour être les meilleurs et se démarquer des autres.

À 17 ans, il est difficile de se projeter dans le futur et à cet âge, on juge l’obtention des diplômes comme secondaire. Très souvent, il va être tenté de s’aligner, sur recommandation du corps sportif et par le manque de choix, sur des formations qui vont lui permettre de concilier revenu et sport : le brevet d’état, la filière STAPS la populaire "voie du sport".... Pour certains, passer sa vie en kimono représente un choix libéré mais pour d’autres cela peut-être une décision fortement "recommandée".

Combien de judokas ont pu associer de longues études en parallèle du sport ? Ceux qui aspirent à d’autres cursus scolaires sont-ils encouragés ? La masse de talents dont regorge le judo permet-elle de se passer d’éléments prometteurs qui ont opté pour des chemins universitaires différents que ceux qu’on leur proposait. L’INSEP propose quelques formations aux judokas non diplômés, ou désireux d’en apprendre plus. Malheureusement, beaucoup d’entre eux les refusent, préférant se consacrer pleinement sur leur carrière sportive.